La recherche à la Fémis

©‎ Kristen Pelou

La Fémis développe ses activités de recherche, en lien avec ses cursus et en collaboration avec des institutions diverses. Trois axes orientent ces activités :

Le département recherche rassemble les responsables de la recherche, les enseignants de l’école impliqués dans les projets de recherche et les doctorants SACRe de la Fémis.

L’activité de recherche s’effectue au sein de plusieurs cercles et avec plusieurs types de partenaires :

— Au sein du laboratoire SACRe (PSL), qui associe les chercheurs, artistes ou doctorant faisant partie de l’ENS et des écoles d’art de @|LIEN524677e|W1BTTC0+aHR0cHM6Ly93d3cucHNsLmV1L10=|@.

— Avec d’autres établissements membres ou partenaires de l’Université Paris Sciences & Lettres (PSL).

— Avec des partenaires scientifiques et culturels divers.

— Avec des partenaires privés, techniques ou autres, dans le champ du cinéma et de l’audiovisuel.

Axe I. La Fémis comme conservatoire : archives, histoire des techniques et des métiers, et patrimoine

En tant que lieu de transmission d’une génération de professionnels à une autre, La Fémis est un lieu de mémoire. Les travaux au sein de cet axe portent sur la création d’archives audiovisuelles, l’histoire des techniques et des métiers, l’histoire de la pédagogie du cinéma et les enjeux de patrimoine. L’école travaille sur ces sujets en partenariat avec différents institutions et programmes de recherche : le programme de recherche international TECHNES, l’ANR « Beauviatech », la Cinémathèque française, le site de ressources PSL-Explore, l’École nationale des Chartes. Le département de la recherche organise ou participe régulièrement à des manifestations scientifiques sur l’histoire des métiers du cinéma et de la pédagogie en arts. La Fémis travaille sur sa propre histoire et valorise ses archives par une politique de diffusion plus poussée.

Axe II. La Fémis comme observatoire : le présent des images / le cinéma aux prises avec le présent

Cet axe soulève plusieurs questions indissociables : quel est l’état contemporain des images animées dans lequel les étudiants et futurs praticiens du cinéma s’inscrivent ? Comment penser la place du cinéma et de la création audiovisuelle dans le champ élargi des images contemporaines ? Quelles évolutions contemporaines peut-on tracer à l’endroit du cinéma de fiction, du cinéma documentaire, de la série ? Quels formats nouveaux émergent, à mesure que les canaux de diffusion et les pratiques de visionnage évoluent ? Comment défendre la création la plus exigeante et la plus nouvelle dans ce nouveau contexte ?

Cet axe permet d’aborder le cinéma et les œuvres audiovisuelles en tant qu’objets d’étude, à la croisée de disciplines variées, qu’il s’agisse d’esthétique et de philosophie, d’histoire, d’économie ou de sociologie. L’évolution des formes est également indissociable d’un contexte économique de production et de diffusion des films, et de leur réception par un public, qu’il convient aussi d’appréhender par des approches économiques et sociologiques. Ces questions ont fait l’objet de différentes journées d’études, colloques ou rencontres.

Plusieurs projets inscrivent le cinéma dans le champ d’une réflexion plus large sur la culture visuelle. En 2019, le colloque international « Visualiser les origines de la vie » cherchait par exemple à interroger la place que tient l’image dans les pratiques qui s’articulent autour des recherches sur l’origine et les conditions d’apparition de la vie. Réunissant scientifiques, historiens de l’art et des cultures visuelles, il avait pour enjeux de croiser des perspectives philosophiques, scientifiques et esthétiques autour de la manière dont ces questions circulent dans les cultures scientifiques et vernaculaires. Il donnera lieu à une publication aux éditions Mimesis (prévue en 2023). Ce projet, mené au sein du programme interdisciplinaire « Origines et conditions d’apparition de la vie » de PSL (en partenariat avec l’Observatoire de Paris, l’ENS, l’EHESS, l’ESPCI et Chimie-Paris) a également impliqué le recrutement par La Fémis (sur un financement du projet OCAV) d’une post-doctorante spécialiste des cultures visuelles de l’espace (Elsa de Smet), et une articulation avec la formation, grâce à l’exercice « Exoplanète » mené chaque année en 3e année dans les départements Décor et Image. Les étudiants travaillent à la conception et la réalisation d’une séquence filmique sur des exoplanètes, à partir des données scientifiques actuelles fournies par des astrophysiciens de l’Observatoire de Paris-PSL.

La deuxième question, articulée à la première, est celle du rapport que les images entretiennent avec notre temps : comment la création cinématographique et audiovisuelle, en plein renouvellement, réfléchit-elle le monde contemporain ? La recherche à La Fémis ne peut que se faire l’écho des questionnements sociaux ou politiques qui bouleversent notre monde et nos manières de le penser : crise environnementale, migratoire, renouveau des questionnements sur le genre, interrogations sur les enjeux de représentation, sur les régimes de vérité, sur les régimes attentionnels… Comment les artistes créent-ils des formes à même de se confronter à ces enjeux ? Les thèses de recherche-création SACRe, certains mémoires des étudiants du cursus initial ainsi que certaines journées d’études, sont des lieux où sont explorés certains de ces questionnements. En 2019, le projet « Cinéma des luttes autochtones » (porté par l’EHESS et la Fémis) était également emblématique en la matière. C’est également la programmation des « Rencontres de la Fémis », co-conçue entre la direction des études et la direction de la recherche, qui permet d’articuler les enjeux de recherche et la formation initiale.

Axe III. La Fémis comme laboratoire : expérimentations, recherche-création, prospective technique, innovation pédagogique

Dans cet axe, la recherche nourrit des expérimentations variées. C’est d’une part, l’entrecroisement entre pratique cinématographique et réflexion théorique, sur cette pratique, dans une démarche de recherche pratique ou par le projet. Le cinéma est un objet d’étude, mais il peut être aussi considéré à partir de ses pratiques et, à ce titre, être appréhendé comme une modalité spécifique de la recherche. Associant dans sa pédagogie savoir-faire pratiques et enseignements théoriques, La Fémis développe une réflexion sur la recherche-création plus spécifiquement depuis 2012 avec sa participation au doctorat puis au laboratoire « Sciences, Art, Création, Recherche » (SACRe). Cet axe se propose d’explorer la capacité des films et des images à produire une réflexion et des formes de savoirs en dialogue avec d’autres méthodologies. Les enjeux esthétiques, les mutations techniques, la collaboration entre les pratiques artistiques, les nouvelles formes d’écriture sont au cœur de cet axe qui entre ainsi en résonance avec la pédagogie de l’École et avec la formation doctorale SACRe. Les méthodologies de ces projets de recherche intègrent la pratique artistique comme un mode propre d’investigation du réel et de production de connaissances.

C’est d’autre part, la question de la recherche appliquée et du croisement entre innovation technique et recherche esthétique. Quelles sont les nouvelles frontières techniques du cinéma et comment la recherche peut-elle s’en emparer ? On explore notamment les questions d’immersion, ou les nouveaux territoires des effets visuels. Un projet sur la réalité virtuelle, en partenariat avec Arte 360, a notamment été mené, impliquant une journée d’étude dans le cadre des Rencontres de la Fémis (« Immersion, empathie, présence : quelles perspectives artistiques et économiques pour la réalité virtuelle et la vidéo en 360° ? » en 2017), suivi d’un workshop d’écriture d’une œuvre de réalité virtuelle avec des étudiants de l’école, et enfin une publication collective en 2019 aux éditions Rouge profond. Dans ce domaine, nous pouvons également citer la thèse SACRe menée par Esther Jacopin sur la continuité dans le cinéma en 3D stéréoscopique, dont la thèse a été publiée en 2022 aux Presses universitaires du Septentrion.

Cet axe est en effet également amené à nourrir la pédagogie de l’école, dans une optique d’adossement à la recherche et de renouvellement des formats d’enseignements. Comment la recherche peut-elle défricher de nouveaux territoires de connaissance, utiles aux futurs étudiants ? Quelles modalités nouvelles d’enseignement inventer ? Un exemple en est le projet « Approches croisées du récit ». A l’intersection des disciplines artistiques, un groupe de travail autour des usages du récit au cinéma et en musique a été créé en 2017 dans le cadre du laboratoire SACRe et avec le soutien du programme « Création, cognition, Société » (EHESS - IRIS - PSL). Trois compositeurs du Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris et trois scénaristes de La Fémis ont, pendant un atelier de huit mois, exploré les conceptions et pratiques du récit commun au cinéma et à la musique. Ce travail de recherche a donné lieu à un colloque sur ce thème.

Les sujets traités concernent par exemple : le développement de la réflexion sur les dramaturgies et les écritures narratives pour différents supports et formes (cinéma, séries, documentaire), ou encore les thématiques d’immersion et d’effets visuels, appliqués au décor, à l’image ou au son.

Ces axes sont explorés à travers des projets labellisés, soutenus par des instances publiques ou associant des partenaires institués, nationaux et internationaux, ce qui est gage de qualité.

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Pour en savoir plus :
—  Le Laboratoire SACRe
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