Entretien avec Pierre Lhomme

Pierre Lhomme - © La Fémis
Au cours de l’entretien de douze heures accordé aux étudiants de la Fémis, Pierre Lhomme, directeur de la photographie, retrace l’ensemble de sa carrière, de ses débuts à ses collaborations avec des cinéastes emblématiques de sa génération : Alain Cavalier, Chris Marker, Robert Bresson, Patrice Chéreau, James Ivory... Il transmet sa vision du métier de directeur de la photographie et de chef opérateur, dans ses dimensions artistiques autant que techniques. A travers cet itinéraire exceptionnel, au fil d’une parole toujours généreuse et précise, se font également percevoir l’évolution des techniques de l’image - l’arrivée de la couleur, des projecteurs HMI, les différentes pellicules, mais aussi les développements contemporains du métier de directeur de la photographie à l’heure du numérique.

Extraits de l’entretien avec Pierre Lhomme

L’entretien d’une durée de douze heure, est consultable à la Bibliothèque du film de la Cinémathèque française.

Présentation de Pierre Lhomme

«  Pierre Lhomme fait partie des grands directeurs de la photographie français dont la carrière couvre plus de cinquante ans de cinéma. Elève de Vaugirard (aujourd’hui école nationale supérieure Louis Lumière), il s’inscrit dans le sillage pluriel de la "Nouvelle Vague", travaillant auprès d’Eric Rohmer (il est cadreur sur Le Signe du Lion en 1959) et surtout d’Alain Cavalier (Le Combat dans l’île, La Chamade, Mise à sac...), auprès de qui il fait ses armes comme directeur de la photographie, et de Chris Marker. Ce dernier rend hommage à son sens du cadre en l’établissant coréalisateur au générique du Joli mai (1962). Par la suite, il signe la lumière, entre autres, de L’Armée des ombres de Jean-Pierre Melville (1969), Quatre nuits d’un rêveur de Robert Bresson (1971), La Maman et la putain de Jean Eustache (1973), et collabore avec Jean-Paul Rappeneau, Joris Ivens, Patrice Chéreau, James Ivory, Bruno Nuytten, etc.
De l’apnée sans soleil de La Chair de l’orchidée (1975) aux voix qui montent de l’ombre de Cyrano de Bergerac (1990), en passant par la lumière blanche des ateliers de Camille Claudel, Pierre Lhomme a cadré et mis en lumière quelques-unes des images les plus fameuses de ce second XXe siècle. Sa lumière, si tenté qu’on puisse en parler de manière autonome, est exemplaire du renouvellement esthétique de l’image cinématographique depuis les années 1960 : en repensant la place, la qualité et le nombre des sources, Pierre Lhomme cherche non seulement à retrouver un éclairage logique, naturel et justifié mais à s’approcher d’une lumière qu’on pourrait qualifier d’essentielle et qui va dans le sens d’une épuration de l’image et des lignes qui la construisent.
 »

Priska Morrissey

Filmographie sélective

1958 : Un Américain, d’Alain Cavalier
1959 : Le Signe du Lion, de Éric Rohmer (cadreur)
1961 : Saint-Tropez Blues, de Marcel Moussy
1962 : Le Combat dans l’île, d’Alain Cavalier
1963 : Le Joli Mai, coréalisé avec Chris Marker
1964 : Les Métamorphoses du paysage d’Éric Rohmer
1965 : Le Mistral de Joris Ivens
1966 : La Vie de château de Jean-Paul Rappeneau
1966 : Le Roi de cœur de Philippe de Broca
1967 : Mise à sac d’Alain Cavalier
1968 : À bientôt, j’espère de Chris Marker
1968 : Coplan sauve sa peau de Yves Boisset
1968 : La Chamade d’Alain Cavalier
1969 : Festival panafricain d’Alger
1969 : Mister Freedom de William Klein
1969 : L’Armée des ombres de Jean-Pierre Melville
1971 : Quatre nuits d’un rêveur de Robert Bresson
1972 : Sex-shop de Claude Berri
1973 : La Maman et la Putain de Jean Eustache
1973 : Je sais rien mais je dirai tout de Pierre Richard
1974 : La Solitude du chanteur de fond de Chris Marker
1975 : La Chair de l’orchidée de Patrice Chéreau
1975 : Le Sauvage de Jean-Paul Rappeneau
1977 : Dites-lui que je l’aime de Claude Miller
1977 : Les Enfants du placard de Benoit Jacquot
1977 : Une sale histoire de Jean Eustache
1978 : Les Mains négatives de Marguerite Duras
1978 : Judith Therpauve de Patrice Chéreau
1979 : Le Navire Night de Marguerite Duras
1981 : La Fille prodigue de Jacques Doillon
1981 : Quartet de James Ivory
1982 : Tout feu, tout flamme de Jean-Paul Rappeneau
1983 : Mortelle Randonnée de Claude Miller
1983 : Le Grand Carnaval d’Alexandre Arcady
1984 : L’Amour en héritage ("Mistral’s Daughter") (TV)
1985 : 44 ou les récits de la nuit
1986 : Champagne amer de Ridha Béhi
1987 : Maurice de James Ivory
1987 : Charlie Dingo de Gilles Béhat
1988 : Camille Claudel de Bruno Nuytten
1990 : Cyrano de Bergerac de Jean-Paul Rappeneau
1991 : The Voyager (Homo Faber) de Volker Schlöndorff
1995 : Jefferson à Paris (Jefferson in Paris) de James Ivory
1996 : Mon homme de Bertrand Blier
1996 : Anna Oz d’Éric Rochant
1997 : Les Palmes de monsieur Schutz de Claude Pinoteau
1998 : Voleur de vie d’Yves Angelo
1999 : Cotton Mary d’Ismail Merchant
2003 : Le Divorce de James Ivory